Je me suis enfin mise à la linogravure et j’adore ça

Impressions en linogravure en train de sécher - Lucie Choupaut

Cela fait plusieurs années que j’ai envie de faire de la linogravure et j’avais même acheté le matériel pour tester cette technique lorsque j’habitais encore à Toulouse (en 2018). Les gouges et plaques de lino étaient restées sagement rangées en attendant que je m’attaque à cet apprentissage et je m’étais enfin lancée pendant le premier confinement, en 2020, mais à l’époque je ne savais pas que l’encre de Chine n’était pas adaptée pour l’impression de linogravure. Il faut en fait une encre spéciale, suffisamment épaisse, voire de la peinture acrylique, mais je n’en avais pas à disposition à ce moment-là et mes essais s’étaient avérés peu concluants. J’avais donc abandonné le projet, déçue.

Après le confinement, j’ai déménagé, fait des travaux, démarré une nouvelle vie et relégué cette envie de linogravure au fin fond de mes pensées. Six ans plus tard, j’y suis enfin revenue et je suis ravie.

Pour un chouette projet collaboratif, j’ai fait beaucoup d’études de genêts au mois de juillet et une idée de linogravure a commencé à germer, inspirée par cet été caniculaire et cette ambiance de fin du monde. J’ai été prise d’une envie irrépressible de la réaliser alors, armée de ma plaque de lino et de mes gouges, je m’y suis attelée (j’avais entre temps acheté de l’encre spéciale, que j’avais déjà testée pour imprimer en linogravure les cartes de remerciements que j’envoie aux personnes qui m’achètent des dessins).

Linogravure "Tandis que le monde brûle" de Lucie Choupaut en noir
Tandis que le monde brûle ©Lucie Choupaut – Ma première série imprimée en noir

Mes gestes sont encore un peu hésitants, étant assez maladroite par ailleurs, je me suis coupée deux fois au même endroit sur le majeur avec une gouge, mais je suis arrivée à un résultat dont je suis vraiment très contente, quoique perfectible. Je l’ai imprimé une première fois en noir, mais j’avais aussi des envies d’encres colorées alors je suis retournée en magasin de beaux arts cet été pour acheter du matériel supplémentaire. L’objectif : pouvoir m’amuser à faire des mélanges de couleurs.

Ce premier essai concluant m’a beaucoup apporté artistiquement, y compris lorsque je dessine en utilisant d’autres techniques et ça m’a donné envie de poursuivre cette exploration. Fin juillet, j’ai passé quelques jours en Bretagne pour un mariage et je suis notamment allée au cimetière de bateaux de la presqu’île de Crozon, qui m’a donné l’idée d’un nouveau dessin à transcrire en linogravure. J’ai donc fait ça au début du mois de septembre. À tâtons, avec un matériel un peu roots et beaucoup de taches d’encre. Il va d’ailleurs falloir que je me couse un tablier spécial pour la linogravure parce que pour le moment, je vis très dangereusement.

Même si ces impressions ne sont pas sorties comme je le voulais, je suis vraiment contente du rendu. En fait, c’est simple, moi j’adore cette esthétique un peu punk. C’est ce qui me plaît dans la linogravure, le côté aléatoire, les différences qu’il y a entre chaque impression. Je suppose que je pourrais gagner en précision. Je connais des artistes qui travaillent en linogravure et qui réalisent des choses très propres, mais ce n’est pas ce qui me plaît. Moi j’aime quand il y a des défauts et des traces de doigts.

La linogravure est un tout nouveau langage à apprendre pour moi et je trouve ça passionnant. J’espère que ça vous plaît aussi parce que vous risquez d’en voir passer pas mal par ici…

Tests d'impressions en linogravure par Lucie Choupaut

Le petit hic avec cette technique c’est qu’elle prend de la place et occasionne des frais. Elle nécessite que je m’organise pour faire sécher les tirages et que je trouve ensuite le moyen d’en faire quelque chose. Comme ces tirages, même imparfaits, me plaisent, je pense que je vais les mettre en vente sur ma boutique en ligne, histoire qu’ils puissent orner vos murs s’ils vous plaisent aussi. J’ai des petites choses administratives à voir avant de le faire, mais je vais essayer de remettre en service ma boutique pour une vente d’automne/Noël. D’ici là, je vous souhaite une bonne semaine et je vous donne rendez-vous dans quinze jours.

Lucie Choupaut

Artiste pluridisciplinaire, passionnée d'arts du fil et d'histoire du costume, je vous propose une promenade dans mon univers, fait d'écriture, de dessin, de costumes historiques, de garde-robe cousue main, de broderie, de tricot et de réflexions politiques.

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