Depuis plusieurs mois, je fais partie d’un cercle littéraire avec des copaines à Marseille. Nous ne nous réunissons pas très souvent, une fois tous les deux mois tout au plus, parfois moins et nous discutons écriture, nous aidant mutuellement sur nos projets respectifs. À partir de cette rentrée, nous inaugurons un nouveau concept. Avant chaque réunion, nous choisissons collectivement un thème d’exercice à écrire dans l’intervalle pour pouvoir nous le lire à la réunion suivante.
Pour le premier vote, c’est le thème « dialogue autour du poison » qui a gagné. Je ne savais pas du tout quoi écrire jusqu’à ce qu’une idée émerge. Comme nous l’avons toutes et tous expérimenté, il a fait très chaud cet été (et encore en ce début d’automne), cela fait donc 4 mois que je dors fenêtres ouvertes avec les bruits de la rue comme s’ils étaient chez moi. Heureusement, j’habite en haut du village, dans une rue relativement peu passante et le quartier est calme sauf que… Depuis quatre mois, je suis régulièrement réveillée (presque tous les matins en fait) par ou avec le monologue d’une voisine qui parle à son chat en le promenant, qui l’insulte en le cherchant, ou qui se parle à elle-même en râlant. Je n’ai aperçu cette voisine qu’une seule fois, mais je connais sa voix par cœur et je ne vous cache pas que c’est une grande source de divertissement chaque matin, il fallait donc que je l’immortalise d’une manière ou d’une autre, d’autant que l’automne arrive enfin et que je commence à refermer ma fenêtre la nuit.
J’espère que cette lecture vous amusera autant que je me suis amusée à l’écrire et que je m’amuse à écouter le monologue de « la vieille au chat » au réveil. Elle va me manquer.
– Mais il est où ce connard ? Il était là il y a deux minutes. Il a quand même pas pu aller si loin !
– Suis-moi, on va aller de ce côté.
– J’ai bien tout préparé comme c’est écrit sur le paquet, j’espère que ça va marcher.
– Minou, minou !
– Attends, ne va pas trop vite, ça va se renverser. J’ai pas envie d’avoir de cette merde sur les mains.
– À chaque fois c’est pareil avec cet imbécile. Dès qu’on le cherche, il disparaît.
– Minou ! Viens par ici, mon minou.
– Ah j’te jure ! C’est vraiment pas un cadeau !
– Le temps se couvre, on ferait mieux de se dépêcher.
– Mais attention où tu mets les pattes, abruti !
– Tu vas voir qu’il va encore nous échapper.
– Minou, minou ! Où tu es mon minou ?
– J’ai senti une goutte.
– Le vent se lève.
– On va se prendre une saucée.
– Ah non, j’ai pas envie que tout soit renversé ! Il faut faire demi-tour.
– On réessayera demain.
– Allez, Choupi, suis-moi.
Retournant sur ses pas, la vieille avance, suivie par son chat.





100% c’est moi dans le futur, cette dame, ahah
Hahaha !