Je suis ravie de pouvoir enfin vous parler d’un projet qui m’occupe depuis de nombreux mois. Au début de l’année, j’ai contacté Cécile de Camelir, manufacture poétique, pour travailler avec elle. À ce moment-là, je n’avais aucune idée précise en tête, mais j’aimais son travail, son univers et cela m’intéressait de le retranscrire avec mes outils.
Très vite nous sommes parties sur l’idée d’une collaboration à quatre mains qui devait sortir pour le salon Créations & savoir-faire (CSF) à Paris du 18 au 22 novembre 2026. La première pierre était posée, mais il y avait tout à faire, à imaginer, et c’était vertigineux.
À ce moment-là, je travaillais encore beaucoup avec l’aquarelle et le crayon de couleur et j’imaginais quelque chose autour de l’atelier Camelir, les mains de Cécile qui travaille la terre, mais nous habitons loin l’une de l’autre, je ne pouvais pas me rendre chez elle pour la dessiner et je me suis aperçue cette année que c’était pour moi un frein réel de ne pas voir directement de mes yeux. Je ne pouvais pas me contenter des photos qu’elle m’envoyait, il fallait travailler sur quelque chose auquel je pouvais avoir accès autant qu’elle. Avec une sorte d’évidence, nous sommes revenues aux plantes.
Cécile travaille avec les plantes dans son atelier de céramique, elle en fait notamment des empreintes et les plantes sont également pour moi une source d’inspiration. C’était la fin du printemps, les bords de routes en Provence étaient illuminés par la floraison des genêts et nous avons décidé de choisir cette plante, que ni Cécile ni moi n’avions jamais travaillée.
J’ai fait alors des cueillettes, des photos, des croquis, des aquarelles pour comprendre les genêts, comprendre ces fleurs, et faire venir l’inspiration. Tout l’été, j’ai eu les genêts dans un coin de ma tête, mais ce n’est qu’en août qu’une idée a réellement émergé.
J’étais en pleine lecture d’un livre de sorcières et j’ai senti que c’était une direction dans laquelle aller. Le genêt a une floraison printanière, mais le CSF est au cœur de l’automne, saison des sorcières. Par ailleurs, j’avais le sentiment que pour Cécile comme pour moi, cela faisait sens. Cela m’a donné envie d’expérimenter.
J’ai fait un premier croquis d’une danse dans les genêts, qui m’a donné envie d’explorer cette piste en linogravure. Je me suis plongée dans cette technique au début de l’été et j’ai eu un coup de foudre pour son côté imparfait, visiblement fait main et l’atmosphère mystérieuse que provoquent les accidents d’impression. Cela s’associait parfaitement à l’univers Camelir. Pour Cécile comme pour moi, c’est important de voir la trace de la main derrière la création, d’embrasser les imperfections.


J’ai parlé de tout mon cheminement à Cécile, qui a été emballée et le projet « Dans les genêts » a pris corps. Tandis qu’elle construisait sa propre collection pour le CSF (je vous invite à aller la suivre sur Instagram pour la découvrir), je me suis lancée dans des tests de gravure, d’impressions, de couleurs pour faire exister la sorcière des genêts.
La lune est pleine, pas un nuage à l’horizon. Au bord de la route, les genêts attendent dans la nuit qu’elle aille cueillir leurs pétales et les transforme en élixir. Elle fait corps avec la terre, avec le monde. Il lui faut des fleurs, bien sûr, pour sa prochaine potion, mais danser surtout dans la nuit, au milieu des buissons, des tiges hautes, dans le murmure du vent et des grillons. Il fait déjà chaud, mais pas encore trop.
Réserves de magie printanière en prévision de l’hiver glacial, du mistral qui engourdit le corps et l’esprit. Faire des réserves pour l’hiver, et danser dans les genêts, tant que leur éclat solaire illumine la nuit.
J’ai donc la joie de vous présenter cette gravure finale « La sorcière des genêts », imprimée à la main en 35 exemplaires qui sera vendue en exclusivité, au prix de 30 €, au salon Créations & savoir-faire sur le stand de Camelir (L84), où je me trouverai également du 18 au 22 novembre. Les gravures qui n’auront pas trouvé preneur au salon seront ensuite disponibles en ligne. Il s’agit d’impressions uniques qui présentent de légères variations d’encrage ou de teinte, le propre du fait-main et je vous avoue que ce sont précisément ces variations qui m’enchantent.
En voyant les impressions alignées les unes à côté des autres au-dessus de mon bureau pendant qu’elles séchaient, et en me laissant imprégner par leur atmosphère, j’ai réalisé quelle filiation cette « Sorcière des genêts » avait avec la photographie pictorialiste de la fin du XIXe et du début du XXe siècle. Exactement comme avec ma pratique de l’écriture, je suis fascinée de découvrir après coup dans mon travail ce qui a inconsciemment nourrit mon imaginaire. Je n’en aime que plus ce projet.
J’espère en tout cas que cette collaboration vous plaira autant qu’à moi et que vous serez séduit·e par ma sorcière des genêts. N’hésitez pas à me poser toutes vos questions éventuelles sur ce projet. Si vous avez l’intention de vous rendre au CSF à Paris cette année, j’espère que vous viendrez me voir sur le stand de Camelir. Ce sera ma première fois sur ce salon et j’ai hâte ! En attendant, je vous souhaite une bonne semaine et je vous donne rendez-vous dans quinze jours pour parler tricot.











