Ce que je me suis cousu pour les vacances

Projets couture des vacances - Lucie Choupaut

Après une petite pause estivale, le blog reprend du service avec un bilan de tout ce que j’ai cousu en juin et juillet. En général, je ne suis pas du tout productive en été, surtout lorsqu’il fait très chaud, mais j’avais plein d’envies et des échéances pour les réaliser donc ça m’a motivée. En Provence, la canicule a été continue pendant 2 mois et demi, donc je me suis organisée pour coudre un peu tous les matins « à la fraîche », avant de me consacrer à mes autres tâches (mes après-midis étant généralement consacrées à attendre que le temps passe dans un appartement à 30° C). Voici donc un petit retour de tout ce que j’ai cousu cet été.

Chemisette Almost de Maison Fauve

La chemisette Almost fait partie de la collection printemps/été de Maison Fauve de cette année et, je vous le dis tout de suite, je regrette de l’avoir achetée. Je m’étais dit qu’utilisant peu de métrage et avec son empiècement d’épaule, le patron pourrait être intéressant à coudre avec des chutes, mais je n’en avais pas un réel besoin et j’aurais pu m’abstenir de cette dépense.

chemisette Almost de Maison Fauve en chutes de tissu
Veuillez excuser ces piètres photos. D’habitude, je pense à les prendre à la fin du projet quand il est repassé, mais cette fois j’ai oublié et j’ai beaucoup trop la flemme de sortir mon fer à repasser pour vous…

Pour éviter que le patron ne traîne indéfiniment dans mon stock, je me suis tout de suite attaquée à une version test dans le reste de coupon de viscose Atelier Brunette de ma chemise Alphonse, sans grande motivation. Malheureusement, il ne me restait pas assez de tissu pour y faire rentrer toutes mes pièces, donc j’ai dû faire l’impasse sur le col, et j’ai cherché un tissu contrastant pour les épaules. Je n’avais qu’un reste de soie acheté il y a des lustres dont la couleur allait avec mon coupon, mais je n’aime pas le rendu et les deux tissus ont par ailleurs des touchés trop différents pour que ce soit agréable.

vue de côté de la chemisette Almost de Maison Fauve

J’ai détesté coudre ce patron. Je n’ai pas du tout aimé le montage et je ne suis vraiment pas fan du résultat qui fait très pyjama. C’était l’originalité de la construction qui m’attirait quand j’avais acheté le patron, mais je l’ai finalement trouvée inutilement compliquée et très désagréable, notamment le revers fixe des manches. Il me semble qu’on pourrait faire beaucoup plus simple et moins pénible… Peut-être était-ce juste une mauvaise humeur passagère, en tout cas, ça ne m’a pas donné envie de réitérer l’expérience. J’ai parlé de cette réalisation dans mon dernier bilan couture sur YouTube si vous voulez voir la chemise en mouvement et en meilleure forme.

chemisette Almost de Maison Fauve cousue en chutes de tissu

Pour ne pas rester sur cet échec, je me dis qu’il faudrait que j’essaye d’en coudre une version pour ma mère, à qui le modèle plaira peut-être, mais on verra si je me motive un jour. Pour moi, j’ai cousu une taille 40 sans aucune modification. Je n’ai simplement pas pris la peine de faire des boutonnières et j’ai cousu les boutons directement sur les deux épaisseurs des pattes de boutonnage.

dos de la chemisette Almost de Maison Fauve

Je ne peux pas dire que ça ne tombe pas bien ou que c’est moche, mais j’ai vraiment l’impression de porter un pyjama et ça ne me plaît pas. Pas une franche réussite donc…

Combinaison Jazz de Ready to Sew + débardeur

Le patron de la combinaison Jazz de Ready to Sew me trotte en tête depuis un moment, avec l’impression que c’est un super patron pour la canicule. J’avais prévu de le tester cet été, sans savoir quel tissu employer et c’est le fait de tomber sur un vieux rideau de 1990 en vide-grenier pour 1 € qui a enclenché la machine.

combinaison Jazz de Ready to Sew dans un rideau à fleurs 90s

Jazz a la particularité de proposer pléthore de variations et j’ai choisi pour commencer de coudre le version 78 en taille 40. La seule modification que j’ai faite a été de réduire la fourche de 2 centimètres, juste pour que toutes mes pièces rentrent sans problème dans mon coupon.

dos de la combinaison Jazz de Ready to Sew dans un rideau à fleurs 90s

La version 78 est extrêmement rapide à coudre et j’ai beaucoup aimé la finition du haut. En revanche, je trouve que les explications sont un peu succinctes. Si vous faites la version 78 par exemple, on ne vous dit jamais qu’il faut fermer la fourche du pantalon ! C’est une coquille et pour un·e couturièr·e expérimenté·e ça ne posera pas de problème, mais je ne recommande donc pas ce patron si vous débutez parce que c’est un peu confus.

combinaison Jazz de Ready to Sew dans un vieux rideau

Pour ma part, j’adore cette version de Jazz même si je ne la trouve pas très seyante. Elle est néanmoins très confortable, bien ventilée et parfaite quand il fait très chaud. Je l’ai déjà beaucoup portée et je pense qu’elle va rester un essentiel de ma garde-robe caniculaire. Je suis à peu près sûre de coudre d’autres versions, notamment des versions shorts pour traîner à la maison.

devant de la combinaison Jazz de Ready to Sew dans un vieux rideau

Forte de cette première expérience de Jazz et ayant bien aimé la finition des parmentures du haut, j’ai décidé de me coudre un haut Jazz dans un coupon de 1 mètre de mon stock que l’on m’avait donné. Ça fait un petit débardeur crop, très agréable à porter quand il fait très chaud. Une autre réussite.

Brassière Onde de Eclipse Lingerie Studio

Le moins que l’on puisse dire, c’est que je suis une grande procrastinatrice quand il s’agit de coudre de la lingerie. J’avais acheté le kit de la brassière Onde aux dernières vacances de Noël, et j’ai donc mis 7 mois avant de m’y mettre. J’ai pourtant vraiment besoin de brassières et soutien-gorges, mais la perspective de devoir coudre des élastiques douche toujours ma motivation… Toujours est-il que je m’y suis enfin mise en juillet et je suis ravie du résultat.

Onde est une brassière sans armatures à bretelles larges doublement élastiquées qui assurent un assez bon maintien. Il y a également un élastique sous poitrine caché par la bande de dentelle, ce que je n’avais pas compris en achetant le patron.

brassière Onde en dentelle noire devant

En me fiant au tableau des tailles, je suis partie sur la taille 4 sans faire d’ajustements, me disant que ce serait un essai et ça tombe finalement assez bien. La brassière est parfaite pour moi en début de journée et un poil trop petite en fin de journée, mais elle reste très confortable et ne me sert pas alors que j’ai beaucoup tiré sur les bretelles pour avoir un bon maintien de la poitrine. Je me demande si je devrais tester avec des bonnets un peu plus larges en gardant la même taille de dos, mais pour le moment, je me contente de cette version.

J’ai trouvé le projet un peu pénible à couper. Il faut être très méticuleux·se avec le sens des pièces et les motifs, mais le montage a, lui, été plutôt facile et agréable et j’ai trouvé les finitions très satisfaisantes : c’est propre et joli.

brassière Onde en dentelle noire de Eclipse lingerie studio

L’élastique sous poitrine est fin (contrairement aux élastiques larges de mes autres brassières) ce qui le rend beaucoup plus confortable pour moi, et en fait un vêtement que je ne sens presque pas et que j’aime beaucoup porter.

dos de la brassière Onde

Par ailleurs, je trouve ce modèle vraiment très joli et élégant en plus d’être confortable et j’ai très envie d’en avoir d’autres dans toutes les couleurs possibles. Il va juste falloir arrêter de procrastiner…

détail de la brassière Onde devant

Le seul défaut que je trouve à cette brassière, c’est que le décolleté croisé la rend un peu pénible à enfiler, surtout quand la peau est moite de transpiration, mais c’est vraiment un détail et ça ne m’empêchera pas d’en faire d’autres !

dos de la brassière Onde

Autre point qui mérite d’être cité pour toutes les brassières de cette créatrice que j’ai pu tester (notamment du livre Mon atelier lingerie), les bretelles ne tombent pas ! Ça me change vraiment la vie parce que l’intégralité des bretelles de lingerie du commerce glissent de mes épaules et c’est très pénible. Je n’ai pas ce problème avec les modèles de Eclipse lingerie studio et je trouve ça génial. Une bonne raison, s’il en faut, de se coudre ses propres soutien-gorges et brassières.

Combinaison Elinor de Lise Tailor

J’ai eu un gros coup de cœur pour la combinaison pantalon Elinor de Lise Tailor quand elle est sortie ce printemps, me voyant immédiatement dedans et je l’ai aussitôt commandée en pochette. J’étais invitée à deux mariages cet été, je m’étais dit qu’elle serait parfaite à la fois pour des occasions un peu habillée mais aussi pour la vie de tous les jours et j’avais raison. La coupe est flatteuse sans être moulante et on m’en a fait des compliments. Son seul défaut, qui pourrait facilement être corrigé, c’est qu’elle n’a pas de poches.

combinaison Elinor de Lise Tailor en lin lavé

J’ai un peu tergiversé avant de choisir le tissu dans lequel j’allais la coudre, mais j’ai finalement opté pour du lin lavé (acheté il me semble chez Calissone) et je ne regrette pas ce choix. Je trouve que le lin lavé lui donne un aspect tout terrain et elle est super confortable et facile à porter.

côté de la combinaison Elinor de Lise Tailor

La couture s’est bien passée. J’ai cousu une taille 40, réduit la fourche de 3 cm (j’aurais peut-être pu la réduire davantage) et j’ai coupé 5,5 cm en bas des jambes avant de faire un ourlet de 4 cm. J’ai fait toutes les finitions à la main, y compris les ourlets pour que la ligne de la jambe ne soit pas coupée par une couture. J’ai également posé le zip invisible à la main n’ayant pas de pied presseur spécial sur ma machine à coudre et ayant de très mauvaises expériences de couture avec les zips invisibles. De cette manière, tout s’est bien passé et la pose de mon zip est parfaite. Les explications du patron sont vraiment claires (également accompagnées d’une vidéo) et j’ai aussi regardé la courte vidéo tuto sur la pose de zip invisible proposée par la marque, qui m’a été très utile.

dos de la combinaison Elinor en lin lavé

Je pense qu’elle sera régulièrement portée tous les étés. Le seul truc un peu dommage et de mon fait, c’est que je l’ai tachée sur la jambe avec de l’aquarelle la première fois que je l’ai portée et il reste une légère trace. C’est un classique chez moi, mais c’est toujours aussi rageant. Il va vraiment falloir que je me couse une blouse de peintre pour éviter ce genre de déconvenues…

combinaison Elinor de Lise Tailor en lin lavé

Un maillot de bain une pièce du livre « Mon atelier lingerie »

Pour la première fois de ma vie, je me suis motivée à me coudre un maillot de bain. Aux deux mariages auxquels j’étais invitée, on nous avait dit qu’il y avait une piscine et même si je ne me baigne presque jamais, je ne voulais pas regretter de ne pas avoir emmené de maillot de bain. Les maillots de bain du commerce qu’il me reste sont très vieux, pas très beaux et un peu petits, je me suis donc lancée dans ce projet très inhabituel pour moi et à vrai dire, qui ne m’inspirait pas tant que ça.

maillot de bain une pièce du livre Mon atelier lingerie

Après de longues hésitations sur le lycra à acheter, j’ai choisi celui de Lise Tailor (motif la Roseraie) que j’avais peur de ne pas assumer et j’ai cousu le modèle du maillot de bain une pièce présent dans le livre Mon atelier lingerie de Milena Sevette (Eclipse lingerie studio). Comme d’habitude avec ce livre, j’ai coupé le dos en 38 et j’ai gradé le devant du 42 pour la poitrine et la taille au 38 aux hanches. J’ai également réduit la stature de 3 cm, mais comme une nouille j’ai oublié de reporter cette réduction sur les demi-devants et j’ai dû recouper ça sauvagement à la surjeteuse au moment de l’assemblage (finalement ça ne s’est pas si mal passé). À la fin, j’ai retiré 19 cm à la longueur des bretelles.

dos du maillot de bain une pièce

J’avais un peu peur que le tissu plisse beaucoup comme c’est le cas sur les photos de Lise Tailor (et c’est un rendu que je n’aime pas), mais même si ce n’est pas parfait, je trouve que ça passe…

devant du maillot de bain une pièce en tissu Lise Tailor

Le projet a été relativement facile à coudre et étrangement pas désagréable, mais c’était une première fois et ça se voit. Je n’ai pas très bien réussi la pose de l’élastique sous le bras gauche et le décolleté ne se positionne pas très bien, on a tendance à voir la doublure sur la croisure. Néanmoins, pour une première, je suis assez fière du résultat, qui me semble tout à fait honorable.

détail de la pose d'élastique sur le côté gauche
Comme vous le voyez sur cette photo, l’élastique baille sur le côté gauche de la poitrine et je ne trouve pas ça beau, mais j’ai eu la flemme de recommencer, me disant que pour ce que ce serait porté, ça suffirait.
côté du maillot de bain une pièce

Comme c’était à prévoir, je n’ai pas porté ce maillot de l’été ! Il ne suffit pas de posséder un joli maillot de bain pour avoir davantage envie de se baigner. Néanmoins, je suis tout de même contente de m’être lancée ce petit défi et peut-être servira-t-il un jour…

Ensemble en seersucker avec la jupe Rose Mary de Lise Tailor

Voilà un autre patron qui ma tapé dans l’œil au moment de sa sortie : la jupe Rose Mary de Lise Tailor. Si vous me lisez depuis longtemps à l’époque où je cousais beaucoup plus de costumes historiques, vous savez que j’adore les plis et cette jupe a fait battre mon cœur. J’aimais bien aussi le fait que le modèle soit peu gourmand en tissu pour un jupe longue (2,30 m en 140 cm de laize), j’ai donc choisi de me l’offrir grâce à mon programme fidélité chez la marque.

Ensemble en vichy avec la jupe Rose Mary de Lise Tailor

J’avais très envie de la porter à l’un des mariages et je voulais me faire un ensemble jupe et débardeur en seersucker vichy comme on en voit un peu partout dans les merceries en ligne, mais quelle n’a pas été ma déception de constater que tous les seersucker vichy qui m’attiraient étaient en polycoton ! J’ai fait plusieurs mercerie en ligne pour finalement en trouver une qui indiquait une composition 100 % coton (Tissus Papi), mais j’ai été très mécontente de constater que ce n’était pas du tout du 100 % coton. On voit au toucher qu’il y a du polyester, le tissu sèche en un clin d’œil et dès que j’enfile cet ensemble je crève de chaud. Autant vous dire que je suis très mécontente de cette mauvaise surprise…

dos de la jupe Rose Mary de Lise Tailor en seersucker vichy

Côté patron de la jupe, je n’ai en revanche rien à redire. J’ai coupé une taille 42 pour être à l’aise car la ceinture de la jupe n’est pas élastiquée et j’ai fait un ourlet de 3 cm au lieu des 2 préconisés. Franchement je trouve cette jupe super jolie, c’est juste dommage qu’elle soit en fucking polyester parce que cela veut dire que je ne la porterai pas beaucoup… Il n’est pas du tout impossible que j’en couse une nouvelle version si je trouve un vieux drap à transformer en vide grenier.

ensemble en seersucker vichy avec la jupe Rose Mary de Lise Tailor

Pour accompagner la jupe, j’ai voulu copier le patron d’un débardeur tout simple cousu par ma mère il y a des années (probablement d’après un patron Burda) comprenant juste un devant, un dos, pas de pinces et une finition au biais, mais je me suis complètement foirée ! Je me suis retrouvée avec une version beaucoup trop petite que j’ai rattrapée comme j’ai pu avec des bandes de côté, coupées dans le biais pour jouer sur le motif, mais je ne les ai pas faites assez larges et le tombé du débardeur est un peu moche, surtout de profil, comme vous le voyez. En plus, c’est du polyester donc ça tient vraiment trop chaud. Celui-là, ça m’étonnerait que je le reporte beaucoup…

vue de côté du débardeur en seersucker vichy
Vraiment hideux de profil…
ensemble en seersucker vichy avec la jupe Rose Mary de Lise Tailor

Et voilà pour mes derniers projets couture de l’été. La saison n’est pas encore terminée et j’ai d’autres patrons sur le feu entre un débardeur en chaîne et trame, un legging de sport et une combinaison. Je n’ai pas du tout cousu au mois d’août, mais l’arrivée de la rentrée et la reprise des routines me donne envie de me remettre derrière ma machine !

Lucie Choupaut

Artiste pluridisciplinaire, passionnée d'arts du fil et d'histoire du costume, je vous propose une promenade dans mon univers, fait d'écriture, de dessin, de costumes historiques, de garde-robe cousue main, de broderie, de tricot et de réflexions politiques.

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