Cette dernière année, j’ai progressivement fait mienne la pratique des carnets de croquis alors que c’était quelque chose qui ne m’avait jamais parlé jusque là. Tout en sachant à quoi cela pouvait servir à un·e artiste, je n’arrivais pas à m’en emparer pour mon propre compte jusqu’à ce que cela commence à se débloquer en décembre 2024.
C’est à ce moment-là que j’ai commencé mon premier carnet d’observation en noir et blanc, dont je vous parlais dans cet article. Depuis, j’ai réussi à maintenir une pratique du dessin presque quotidien dans ce petit carnet et c’est maintenant quelque chose de bien ancré puisque j’en suis à mon troisième carnet (d’ailleurs, j’ai fait une vidéo dédiée à mes deux premiers carnets sur Youtube). Ensuite, l’été dernier, j’ai senti le besoin d’expérimenter davantage avec la couleur pour me défaire du stress du « dessin final ». Je vous en parlais dans cet article, c’est aussi une pratique qui m’a fait beaucoup de bien, mais ce début d’année, j’ai senti que ça ne me suffisait pas et qu’il fallait que je pratique davantage le dessin d’observation en couleurs (ce qui ne représentait pas la totalité des dessins de mon carnet de croquis couleur), toujours pour expérimenter et faire des illustrations moins figées.
J’ai donc repris en partie la formule qui avait fait le succès des dessins quotidiens en noir et blanc : utiliser un petit carnet A6 qui se met facilement dans une banane ou une poche de veste et choisir les sujets les plus immédiats (même si des fois j’essaye de me motiver à aller dessiner dehors aussi).
La difficulté de ce carnet d’observation couleurs, c’est la technique : je mélange de l’aquarelle, du crayon de couleur et de la craie aquarellable, ce qui est un peu encombrant et ne me permet pas, par exemple, de dessiner debout : j’ai besoin de m’asseoir pour pouvoir poser mes outils à côté de moi, ce qui rend la pratique moins fluide.

Pour me faciliter la vie, j’ai acheté une petite palette d’aquarelle en godets, plus facile à utiliser dehors que l’aquarelle en tube que j’utilise habituellement, et j’emporte des pinceaux à réservoirs plutôt que mes pinceaux classiques. Il faut aussi que je me couse une trousse de transport pour tout ce matériel, mais je n’ai pas encore pris le temps de réfléchir à sa construction.
S’il m’arrive de sauter des jours, comme pour mon carnet en noir et blanc, j’ai quand même essayé de conserver un rythme régulier parce que j’aime voir le carnet se remplir progressivement et avec lui mes progrès. Le dessin d’observation a pour moi l’avantage de me demander moins de réflexion, et en plus d’être un très bon exercice, je pense que ça aide aussi à fixer plus facilement l’habitude.
Comme à chaque début de quelque chose, la mise en place a été difficile et j’ai un peu galéré à prendre mes marques. Je découvrais le papier, de nouvelles couleurs auxquelles je n’étais pas habituée, un format inédit pour moi en couleurs… bref, il m’a fallu quelques jours de pratique pour que je me sente à l’aise. Je publie cet article un peu moins d’un mois après avoir instauré cette nouvelle habitude et je suis assez contente de plusieurs dessins que j’ai fait dans ces pages. Le format A6 représente un défi avec la couleur, il m’oblige à faire davantage attention aux proportions, mais c’est très formateur.
Parce que ce carnet est moins tout terrain que le carnet noir et blanc, il représente moins un instantané de mon quotidien, mais cela évoluera peut-être avec le temps, à force de pratique. Dans tous les cas, il me permet de continuer à expérimenter avec la couleur et ça me plaît.
Dessiner dans mes carnets est devenu, non seulement une habitude, mais aussi un vrai moment de plaisir, déchargé de toute pression de résultat. Si un dessin est raté, je me dis que ce n’est pas grave et que je ferais mieux la prochaine fois. Ce ne sont que des croquis donc il n’y a aucune nécessité pour moi à les montrer si je ne le désire pas, et ils me permettent de lâcher prise et d’arrêter de trouver nul tout ce que je fais, ce qui est très positif.
Je sais que c’est un non sens, puisque la pratique du carnet est une pratique du temps long, mais je suis impatiente d’observer mon évolution au cours des prochaines années.
Je sais que ma façon de dessiner va sans doute évoluer et je suis très curieuse de découvrir de quelle manière. En attendant, j’essaye de ne pas lâcher cette pratique et même si la vie fait que parfois, je fais des pauses et il passe plusieurs jours sans que je dessine, je sais que j’y reviendrai de toute façon sans pression, puisque c’est un cadeau que je me fais : m’accorder du temps pour faire une activité qui me plaît.
J’espère que cet article vous donnera envie de vous offrir également ce genre de cadeau. Je m’arrête ici et vous donne rendez-vous dans quinze jours pour un nouvel article (je pense que l’on parlera de tricot parce que je viens de finir un projet et ce n’est pas celui que vous attendez). D’ici là, je vous souhaite une bonne semaine !











