Je vous le disais dans cet article, ces derniers mois, j’ai un peu changé mon rapport aux chutes de tissu, ou en tout cas ma façon de les réutiliser. J’ai décidé de chercher plus activement à utiliser mes chutes, avec une approche plus créative et en allant vers des projets vers lesquels je ne me serais peut-être pas forcément tournée en première idée.
Pour ce projet, tout est parti d’une inspiration trouvée sur Pinterest (a priori une chemise de la marque Anthropologie), qui m’a donné envie de créer une chemise à partir de plusieurs imprimés différents puisés dans mes chutes de viscose.
Un patron de chemise basique
Je suis partie à la recherche, dans mon stock de patrons, d’un modèle de chemise assez classique avec pas trop d’ampleur pour pouvoir y faire rentrer des morceaux pas très grands et celle qui me semblait le mieux convenir était la chemise Simona de Make my Lemonade, que j’avais déjà cousu une fois. Je ne savais pas si j’aurais assez de matière pour faire une chemise à manches longues, mais je m’étais dit que je pourrais toujours me rabattre sur des manches courtes ou sur un modèle sans manches (comme le modèle Moussaillon, que j’ai déjà cousu avec des chutes).
J’ai commencé par trier mes chutes de viscose par couleurs pour voir lesquelles pouvaient fonctionner entre elles et j’ai ainsi fait plusieurs tas pour plusieurs projets.
Pour cette première tentative, j’ai choisi un tas comprenant 4 tissus (2 imprimés et 2 unis) avec : un imprimé pseudo léopard de chez Cousette issu d’une robe mélange entre les patrons Ségur de Cozy Little World et Félindra de Make my Lemonade, un imprimé à fleur issu de ma robe Magnolia de Deer and Doe, un lin viscose moutarde de chez Cousette issu d’une jupe longue sans patron et un sergé de viscose vert Maison Fauve utilisé pour ma robe Lou de Make my Lemonade.
J’ai cousu le patron en taille 38 sans modification et sans la lavallière. Les explications ne m’ont pas parues très claires, mais je ne les ai pas vraiment suivies parce que je n’en suis pas à ma première chemise. Il m’a semblé voir des erreurs, notamment sur la couture des manches en coutures anglaises.
Ce que j’aime bien avec Simona, c’est que la chemise est assemblée presque intégralement en coutures anglaises, ça fait un intérieur très propre et c’est appréciable avec des viscoses qui s’effilochent. L’autre bon point du patron pour ce projet en chutes, c’est qu’il y a une pièce de patron pour chaque devant. En général, ça m’agace quand les marques de patrons font ça parce que ça fait des pdf à imprimer à rallonge et personnellement, je préfère couper en double mes pièces, mais dans le cas présent, j’ai été bien contente d’avoir une pièce de patron pour chaque devant.
Il me restait en fait des morceaux suffisamment grands pour m’éviter de devoir faire trop d’opérations Frankenstein. J’ai seulement dû couper le dos en double plutôt qu’au pli (j’ai fait une couture anglaise pour l’assemblage), l’une des deux manches (celle en viscose pseudo léopard) a également nécessité de rabouter deux morceaux, mais c’est surtout un des deux devants (celui en viscose noire à fleurs) qui a nécessité le plus de piéçage (il est fait en trois morceaux, également assemblés en coutures anglaises). Malheureusement, j’ai dû merder un peu avec le droit fil et le milieu devant godaille sur la patte de boutonnage. Le problème est amplifié, en plus, par des boutonnières légèrement trop espacées. Ce n’est vraiment pas mon plus beau travail et il vaudrait mieux le porter sous une salopette pour masquer un peu les dégâts.
Pendant la couture, je me suis dit que 4 tissus différents faisaient peut-être un peu beaucoup, mais finalement j’adore le résultat. Sur la chemise d’inspiration il y a des empiècements d’épaules sur les devants, ça aurait peut-être été mieux pour plus de mélanges, mais ça ne me dérange pas.
Comme il y avait beaucoup de choses à penser pendant la découpe de cette chemise, j’ai complètement oublié de thermocoller quoi que ce soit et finalement ça ne pose pas de problème. Le col et les poignets se tiennent suffisamment bien quand même et la chemise est très agréable à porter.
Je ne vais pas vous mentir, je trouve que la préparation des pièces, quand on veut coudre des chutes est toujours aussi pénible. Ça prend du temps et ça demande de réfléchir, mais une fois que la découpe est faite, c’est un vrai plaisir de réussir à créer un vêtement portable à partir de morceaux dont on ne pensait initialement pouvoir rien faire. Je suppose que cette chemise ne plaira pas à tout le monde, mais de mon côté c’est clairement un vêtement que je vais porter régulièrement et avec plaisir.
Si vous voulez suivre la couture de cette chemise dans toutes ses étapes, j’ai tourné et publié un vlog sur Youtube pendant que je la réalisais. La vidéo est en ligne et vous pouvez la regarder ici.
Je suis curieuse d’avoir vos retours sur cette chemise et notamment de savoir si pour vous c’est un vêtement qui fait « fait maison » ou si au contraire vous vous diriez qu’on pourrait le trouver en magasin. Dites-moi ça !
Je m’arrête ici pour aujourd’hui. Je vous souhaite une bonne semaine et vous donne rendez-vous dans quinze jours pour un nouvel article. À bientôt !














J’adore ! C’est super joli. Clairement, on pourrait la trouver en magasin, je trouve. Je vais de ce pas regarder la vidéo…
Merci Anne ! 🙂
Que dire ? superbe, étonnante, originale… Je ne sais pas, mais qu’est-ce qu’elle me plaît et je suis sûre qu’elle me siérait à merveille
Héhé, merci Tania 🙂
Bon, ces imprimés et couleurs ne sont pas dans mon style mais je trouve ton idée excellente ! Je la garde dans un coin de ma tête pour un projet futur !
Ce qu’il y a de bien, c’est que comme c’est un projet de chutes, tu fais des compositions avec ce que tu as en stock et je trouve ça assez chouette de faire dialoguer ensemble des motifs qu’a priori on aurait pas imaginé l’un à côté de l’autre. Là j’avais des unis à écouler, mais j’ai d’autres imprimés dans une autre gamme de couleur et j’ai hâte de retenter (peut-être en restant plus proche de l’inspi originelle)