Au mois d’avril, je m’étais programmée cinq jours avec des ami·es artistes dans la maison de mes parents en Normandie pour me concentrer exclusivement sur les corrections de mon deuxième roman.
Ce roman de fantasy (dont les premières bases ont été posées il y a presque 25 ans) m’occupe depuis maintenant deux ans et si je commence à en voir le bout, il me reste encore beaucoup de travail avant de pouvoir l’estimer terminé.
Cela fait plusieurs mois que j’avance très lentement sur les corrections du tome 1. Or, je m’étais fixée comme délai pour le terminer la fin du mois de juin 2026. En ce début de mois de mai, j’ai corrigé et réécrit 21 chapitres sur 28, ce qui est honorable, mais ce sont ces cinq jours de retraite normande qui m’ont permis d’avancer considérablement en me mettant en conditions pour écrire à un rythme soutenu.
Partir en retraite d’écriture pour pouvoir se concentrer exclusivement sur son projet littéraire est un luxe et une chance. Il faut avoir les moyens financiers et matériels de partir (que ce soit loin de chez soi ou pas), il faut a minima être entouré·e de gens qui peuvent vous rendre des services comme s’occuper de vos enfants en votre absence ou vous prêter un endroit (maison, appartement…) pour pouvoir travailler sereinement.
J’ai cette chance et si je n’avais pas eu la possibilité de partir, laissez-moi vous dire que les corrections de mon roman n’auraient pas connu un tel bond ce printemps. Cela étant dit, j’ai pensé que la petite discipline que j’ai mise en place pour travailler durant cinq jours pouvait être intéressante à partager. Ma « méthode » pourra peut-être vous donner des idées si vous aussi vous avez besoin de vous offrir un cadre pour avancer sur un projet, quel que soit le type de création qui vous occupe.
Mettre un réveil
Tout le monde n’en a pas forcément besoin, mais de mon côté, si je ne mets pas de réveil, vous pouvez être sûr·e que je vais traîner au lit avec délice. Or, le moment où je suis la plus efficace est le matin. Si je veux pouvoir écrire au moment où je serai la plus apte à le faire, je n’ai pas le choix, il faut que je mette un réveil et que je m’impose une sortie du lit immédiate.
Pendant ces 5 jours, je mettais mon réveil à 7h30, j’allais immédiatement prendre une douche pour être prête, puis j’allais tranquillement prendre mon petit déjeuner.
Notez que je suis extrêmement lente le matin. J’aime bien traîner devant mon thé, écrire un peu dans mon journal, discuter avec les ami·es qui m’accompagnaient dans cette retraite… J’ai impérativement besoin de ce temps long, alors pour pouvoir me mettre à travailler pas trop tard (en l’occurrence ici 9h30) je mets toujours mon réveil au moins 2h avant le moment où je suis censée me mettre derrière mon ordinateur.
Définir ses plages de travail en fonction de ses moments d’efficacité
Cela fait plusieurs années que j’ai noté mes moments de travail privilégiés. C’est le matin que je suis la plus efficace, plus précisément entre 9h30 et 12h30. Avant cela, comme je vous le disais, je mets du temps à émerger, entre midi et quinze heures il est impossible de me faire faire quoi que ce soit d’un peu intellectuel (quand je travaillais en entreprise, c’était très net) et il n’y a qu’à partir de 16h que je commence à avoir un second souffle qui peut me permettre d’envisager une deuxième session de travail jusqu’à 18 ou 19h. Après 19h, il n’y a généralement plus personne : c’est l’heure de lire un peu, de faire à manger et d’aller se coucher.
Connaissant mon rythme, j’ai décidé de ne pas essayer d’aller contre lui, mais plutôt d’en tirer profit et j’ai donc organisé mes journées de travail en prenant en considération cette longue pause méridienne nécessaire. Après les trois heures d’écriture du matin, j’allais manger puis je m’accordais une balade dans la campagne normande pour prendre l’air, me mettre en mouvement et souffler avant de m’y remettre. Je recommençais à écrire en général après le goûter sans que ce soit une torture de me remettre derrière mon ordinateur.
Sans que cette organisation du travail soit époustouflante (je pense qu’en me lisant vous ne vous êtes pas dit que je m’étais arrachée), j’ai pourtant avancé à un rythme très honorable et je ne suis pas certaine que j’aurais été capable de faire plus, même si je m’étais imposée plus d’heures de travail.
Bien manger
En ce qui me concerne, et je suis sûre de ne pas être la seule, la qualité de mes repas est primordiale pour mon bien-être. J’aime manger des choses bonnes et variées et il n’est pas pensable pour moi de manger sur le pouce parce que je suis dans un tunnel de travail. Par conséquent, j’ai pris le temps de cuisiner le midi et le soir, d’aller au marché pour prévoir des recettes simples mais bonnes, bref je n’ai pas du tout négligé la réalité des contingences matérielles pendant cette retraite.
Comme nous étions trois, nous avons pu nous répartir les temps de cuisine sur les 5 jours, ce qui permettait à celleux qui le souhaitaient de travailler un peu plus longtemps. Cela s’est fait de manière très organique et nous avons bien mangé, nous offrant même le petit luxe d’un repas au restaurant le dernier jour.
Et c’est tout.
Ce sont les trois seuls piliers que j’ai mis en place pour organiser mes journées de retraite d’écriture. Je m’étais fixée comme limite basse d’écrire au minimum 1000 mots par jour, mais sans que ce soit une limite figée. Il y a par exemple une journée qui a consisté à revoir la structure de mes derniers chapitres et à réfléchir donc ça n’a pas représenté beaucoup de mots écrits, mais c’était du travail quand même. Mon but était d’avancer de manière efficace, pas de faire une compétition.
Et après la retraite ?
De retour de cette petite semaine depuis dix jours, je suis toujours très motivée pour continuer à avancer les corrections, même si le rythme est forcément moins soutenu (puisque j’ai d’autres choses à faire). J’essaye d’écrire un peu tous les matins pendant une à trois heures (selon le nombre de trucs qui s’empilent dans ma to do list), mon objectif étant d’essayer de terminer de corriger/réécrire un chapitre par semaine. Pour le moment, ça tient, et j’ai toujours dans l’idée de terminer le tome 1 d’ici à la fin du mois de juin. J’espère donc pouvoir vous en reparler bientôt !
Voilà pour ce petit bilan de ma retraite d’écriture. Malheureusement, je n’aurai pas la possibilité d’en programmer une autre d’ici le mois de juin, il faudra donc s’en passer… J’espère que ce petit retour d’expérience pourra en tout cas vous donner des idées. Je vous donne rendez-vous dans quinze jours et d’ici là, bonne semaine !




