Bilan 2025 : une première année en tant qu’artiste

Bilan 2025 - Lucie Choupaut

Comme tous les ans, je vous propose, en cette fin d’année, mon traditionnel bilan annuel. L’année 2025 a été très différente des années précédentes, et pour cause, c’est l’année où je suis officiellement devenue artiste, où j’ai été traversée d’élans d’espoirs et de gros doutes, où j’ai essayé, sans vraiment y parvenir, de développer mon activité professionnelle d’artiste (qui est une petite entreprise), ce que j’ai trouvé à la fois super intéressant et peu rassurant pour l’avenir. Bref, je vous raconte un peu tout ce qu’il s’est passé pour moi cette année, sans oublier bien sûr les travaux d’aiguilles !

Une année riche sur le plan artistique, mais non dénuée de remises en question

Au début de l’année, j’avais choisi une intention pour me guider en 2025 : travailler mon art. Je voulais dessiner, améliorer ma technique, développer mon style et trouver ma voix d’illustratrice. Pour ce faire j’ai beaucoup investi mes carnets de croquis (d’abord en noir et blanc puis en couleur) et j’ai exploré. J’ai fait beaucoup d’aller et retour entre « j’aime bien ce que je fais » et « je suis complètement nulle, je n’y arriverai jamais », mais au milieu de tout ça, j’ai commencé à comprendre ce que j’aime dessiner, ce qui m’inspire et à l’inverse ce que je n’aime pas. J’ai compris par exemple que j’avais besoin de dessiner des choses et des gens que j’aime, et que quand je n’étais pas inspirée par mon sujet, je n’arrivais à rien de bon.

Portfolio - illustration un gars qui dort avec son chat Lucie Choupaut
Par exemple, j’aime énormément cette petite illustration réalisée fin 2025, tout simplement parce qu’elle représente une personne que j’aime. © Lucie Choupaut – tous droits réservés

Je suis honnêtement contente du chemin que j’ai parcouru artistiquement toute cette année, même si je sais que ce n’est que le début d’un long voyage qui m’enchante (tout en sachant qu’il sera difficile). Être devenue officiellement artiste est le meilleur cadeau que je me sois fait cette année. J’ai littéralement réalisé un rêve, ce qui n’est quand même pas rien.

Concernant le volet entrepreneurial de cette activité professionnelle, le bilan est plus mitigé. Après avoir commencé l’année en visant une clientèle de particuliers, notamment avec une première collection d’originaux et une offre de portraits de maisons, qui n’ont pas été une grande réussite, je me suis dit que compte tenu de ma notoriété inexistante, il y avait peu de chance pour que ce soit suffisamment rentable pour me permettre d’en vivre et j’ai donc décidé de changer complètement de voie en milieu d’année pour cibler une clientèle professionnelle. Je suis convaincue que c’était stratégiquement la meilleure décision, même si j’ai perdu un peu de temps avant de m’en rendre compte. Toute la deuxième moitié de mon année 2025 a donc été consacrée au développement de mon style graphique, à la préparation de mon portfolio et à ma future prospection. Je ne sais pas du tout ce que 2026 me réservera, j’espère davantage de rentrées d’argent, mais nous verrons bien.

Shooting de l'illustration originale "Dans le métro"
Une des illustrations de la collection « Un printemps à New York » qui a fait un gros flop.

Il y a une piste, que j’aimerais pouvoir explorer davantage en 2026, c’est la création de motifs. J’ai adoré découvrir cette dimension de l’illustration et c’est une activité dans laquelle j’aimerais beaucoup me former pour en faire une véritable activité professionnelle.

D’un point de vue purement artistique, j’ai aussi beaucoup réfléchi à la place qu’occupent les travaux d’aiguilles dans ma pratique. La couture est mon loisir, mais pas seulement. C’est aussi une source d’inspiration, notamment dans mon rapport aux chutes et à mon envie de pratiquer la couture en produisant le moins de déchets possibles. Pendant ces vacances de Noël, j’ai créé une poupée en tissu faite entièrement de chutes, idée qui me trottait dans la tête depuis un moment, et j’ai adoré le processus de création. J’ai très envie d’en faire plein d’autres pour valoriser les chutes qui me restent après mes projets couture.

poupée en tissu Adèle la bibliothécaire
Je vous présente Adèle la bibliothécaire, qui vous juge parce que vous faites du bruit en salle de lecture. Ses vêtements ne sont pas encore terminés.

Côté écriture, je n’ai pas réussi à tenir le délai que je m’étais fixé de terminer la réécriture du tome 1 de mon roman Les mirages d’Abalon d’ici au 31 décembre. J’ai été occupée à d’autres projets cette fin d’année et j’ai volontairement mis l’écriture de côté. Pour autant, même si écrire des romans n’est plus du tout ma priorité, je souhaite tout de même aller au bout de ce roman en deux tomes. J’espère terminer enfin le tome 1 en 2026. Si vous voulez en savoir plus sur ce projet, vous pouvez me suivre dans ma lettre hebdomadaire Artistana(r)t sur Substack où je parle plus en détails de mon rapport à la création et de mes projets artistiques.

La couture pour moi est toujours aussi politique et source de joie

Quinze ans après avoir commencé la couture, huit ans après avoir décider de ne plus acheter de vêtements, la couture de ma garde-robe et le soin que j’apporte à mes vêtements (réparations, recyclages) sont toujours aussi importants pour moi. C’est non seulement un engagement très ancré que j’aurais bien du mal à arrêter, mais c’est aussi une vraie source de joie et un soutien moral dans les moments où je vais moins bien. J’ai eu de grosses périodes de mou en 2025 et ma santé mentale n’est toujours pas au meilleur de sa forme, mais j’ai vraiment la sensation que la couture m’empêche de sombrer. Quand je vais mal, que les mauvaises nouvelles se succèdent et que j’ai l’impression d’être une incapable, la couture est un refuge. Comme cela commence à faire très longtemps que je couds et que j’ai emmagasiné pas mal d’expérience, c’est un des rares domaines de ma vie où je me sens pleinement en confiance et où je sais qu’il y a 90 % de chances pour que je réussisse ce que je veux coudre. Honnêtement, ça fait beaucoup de bien quand on rate tout le reste.

En 2025, j’ai cousu 21 vêtements et accessoires pour la maison, ce qui est plus que toutes les années précédentes. Je pense que cette augmentation est à la fois due à la mise en service de ma surjeteuse, qui m’a permis de me coudre pas mal de vêtements en jersey, et aussi à mon petit moral puisque quand je ne vais pas bien, je couds. Cette année, j’ai cousu beaucoup de vêtements que j’aime et il n’y a pas vraiment de déception, mes deux préférés sont je pense ma robe Ludmilla fleurie et mon ensemble de sport. Je suis aussi extrêmement contente de m’être enfin lancée dans la couture de lingerie. J’ai fait des progrès en pose d’élastiques et j’ai réussi à coudre des brassières qui me vont en cette fin d’année. Je compte bien poursuivre en 2026 avec quelques soutien-gorges dont je manque cruellement.

Cette année, j’ai fait entrer dans mon stock 52,20 mètres de tissus (achats neufs ou vide-grenier/puces + dons) et j’en ai cousu 45,10 mètres, je ne suis donc même pas à l’équilibre contrairement à ce que j’avais espéré l’année dernière, mais je constate que les tissus que je destine à des vêtements pour ma garde-robe sont presque immédiatement cousus. Ce que je stocke, ce sont les tissus pour faire du costume historique et c’est malheureusement nécessaire. En effet, les besoins de costumes historiques (pour des sorties ou des jeux de rôle grandeur nature) surviennent sans que je puisse vraiment les planifier, j’ai donc besoin de pouvoir puiser dans mon stock en fonction du projet qui se présente. Ça m’a beaucoup servi pour les costumes 1789 par exemple et cela risque encore de m’être utile en 2026. Par conséquent, quand je tombe sur un long métrage qui pourrait m’être utile pour du costume en vide-grenier, il vaut mieux que je l’achète même si je ne sais pas exactement quoi en faire. Je n’aime pas stocker et je préférerais avoir une caisse de tissus moins pleine, mais je commence à accepter ce fonctionnement et m’en accommode. Il faudrait juste que j’arrive à coudre plus de costumes historiques dans une année, mais je sais que c’est un vœu pieu. Ce que j’arrive à faire est déjà suffisamment ambitieux et je ne peux pas augmenter la cadence.

J’ai cousu deux costumes complets 1789 pour Romain et moi cette année, ce qui m’a pris beaucoup de temps, mais dont je suis très fière, j’ai restauré une ombrelle ancienne et cousu une jupe culotte 1936. Ce n’est pas autant que j’aurais voulu et j’ai plein de tissus qui attendent encore leur heure pour des costumes, mais j’en ai fait mon deuil. Arriver à coudre deux costumes complets par an, c’est déjà super. En 2026 je vais devoir coudre à Romain et moi des costumes de bal Premier Empire pour le dernier week-end de mars et il est probable que ce soit le gros de ma couture historique de l’année (même si j’ai évidemment plein d’autres projets en attente…).

Une année tricot faiblarde

Je n’ai terminé que 3 projets tricot en 2025, ce qui est encore moins que l’année dernière. Un quatrième est en cours mais risque de ne pas être terminé avant le mois de février. Je n’ai pas d’objectifs avec le tricot à part garnir ma garde robe de pulls et gilets et faire quelques cadeaux à mes proches. Le programme 2026 en tricot est déjà chargé puisque je dois terminer le Dagmar zipper sweater que je suis en train de tricoter pour Romain (je vous montrerai l’avancée dans le prochain article), je dois tricoter un pull sans manches pour mon amie Marie et me tricoter ensuite un pull Livy de Lise Tailor, mon cadeau de Noël offert par mes parents. Je pense que quand tout ça sera terminé, ce sera déjà le printemps et je suppose que je ne toucherai pas beaucoup mes aiguilles d’ici à l’automne. J’avais prévu de me tricoter un châle en laine cet hiver pour emmener en sorties en costume donc ce sera sans doute reporté au programme de la deuxième moitié de l’année.


Voilà pour le principal de ce à quoi je peux penser pour cette année 2025. Elle aura été en demi-teinte, ce qui est déjà bien compte tenu du contexte mondial. Je suis bien mieux lotie que beaucoup de gens, je ne l’oublie pas, et si l’on met de côté la pression financière et les incertitudes de la précarité, j’ai la joie de me consacrer à des choses que j’aime et je suis soutenue matériellement par mes proches ce qui est inestimable. Bref, je vois le verre à moitié plein.

Je vous souhaite un bon réveillon ce soir si c’est une chose qui compte pour vous et une année 2026 aussi belle que possible. Quant à moi, je vous donne rendez-vous dans quinze jours pour vous parler tricot !

Lucie Choupaut

Illustratrice passionnée de travaux d'aiguilles et d'histoire du costume, je vous propose une promenade dans mon univers créatif.

2 commentaire

  1. Merci Lucie pour ce partage sincère ! J’ai adoré voir certaines de tes réalisations textiles ; la couture et le tricot pour moi c’est une terra incognita, alors j’admire d’autant plus ton savoir-faire et ta créativité dans ce domaine.

    Cela m’a aussi beaucoup intéressée d’avoir ton retour d’expérience sur le lancement de ton entreprise en tant qu’artiste (oxymore ?). Félicitations à toi pour cette étape importante ! Cela fait longtemps que j’y pense moi aussi, mais j’avoue que le côté commercial, la vente, ce n’est pas quelque chose qui m’enthousiasme pour l’instant…

    J’espère que la piste des motifs te donnera de nouvelles opportunités. Est-ce que tu connais le magazine Uppercase ? Chaque année, il y a un numéro spécial dédié à la création de motifs, dans lequel des dizaines d’artistes du monde entier présente leur travail dans ce domaine. Peut-être une piste pour t’aider à faire connaître ton travail outre-Atlantique ? De mémoire, tout le monde peut proposer. Il y a d’autres appels à contribution sur des thèmes variés tout au long de l’année. Tu peux trouver les appels en cours sur leur site, dans la rubrique Community > Submissions.

    1. Merci Marie ! Je n’étais pas spécialement emballée par le fait de vendre mon travail artistique non plus et je ne me serais certainement jamais lancée si je n’avais pas été contrainte par un chômage persistant depuis que j’ai changé de région. Pourtant, c’était quelque chose qui m’habitait profondément et je suis ravie d’avoir été un peu obligée de le faire à cause des circonstances extérieures. Et finalement je trouve tous les aspects d’entreprenariat et de vente assez intéressants à aborder (même si je ne suis pas très douée là-dedans ^^).
      Je ne connais pas Uppercase, je vais aller regarder ça !

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