Je suis un peu en retard dans mon programme de publications parce que j’ai été bien malade cette semaine et je n’étais pas du tout en état de publier un article mercredi, mais je me suis reposée en attendant que ça passe et le voici enfin ! Bonne lecture...
Je vous disais dans un précédent article que j’avais décidé, en fin d’année 2025, d’avoir une approche plus créative des chutes de tissu, et j’ai notamment eu envie de créer une série de poupées en utilisant ce que j’ai dans mon stock. Je me suis vite aperçue que ça ne pouvait pas vraiment être comptabilisé en projet anti-chutes parce que ça utilise très très peu de matière, mais j’ai mis le doigt dans une pratique créative que j’adore et qui est une source inépuisable d’idées.
Ces poupées ne sont pas des jouets (elles ne sont pas destinées à être déshabillées par exemple), mais des personnages que je m’amuse à façonner au gré des points de broderie et de couture à la main. Pour créer ces personnages je pars d’une matière présente dans mon stock de chutes (tissu ou laine) qui me donne l’idée première à partir de laquelle je construis l’identité de la poupée.
La première, Adèle la bibliothécaire, avait commencé avec un velours milleraies marron (initialement utilisé pour la culotte XVIIIe de Romain) que je voulais transformer en robe chasuble, et je m’étais ensuite laissée portée au fil de l’eau, tâtonnant pas mal puisque je n’avais encore jamais fait ça.
Le deuxième personnage dans lequel je me suis lancée est Iris l’activiste et pour elle, tout a commencé par les restes de laine fuchsia de mon bonnet. Un personnage aux cheveux roses et des chutes de jersey m’ont peu-à-peu permis de construire Iris en fonction de ce que j’avais à disposition pour l’habiller et de comment les choses se présentaient.
Pour le corps, j’ai utilisé les chutes du lin beige qui avait servi à ma robe Sofia et j’ai brodé son visage en essayant de lui donner l’air un peu plus sympa qu’Adèle. Comme je brode le visage avant d’assembler le devant et le dos de la poupée, je n’ai pas très bien géré les proportions et il est un peu énorme, mais je trouve que c’est ce qui lui donne son charme et surtout un air extrêmement sympathique. Je l’ai ensuite bourré avec des chutes.
Pour les cheveux, je savais dès le début que je voulais faire une crête à Iris donc je me suis un peu creusé la tête pour trouver le meilleur moyen de le faire et le rendu final produit à la fois une crête et un mulet, ce que j’adore (non pas dans la vie, je fais partie de la génération qui déteste les mulets, mais pour ce personnage je trouve ça très à propos). J’ai un peu tâtonné sur cette chevelure, mais je suis très fière du rendu.
Pour la tenue d’activiste, j’ai eu envie de partir sur des basiques : un jean, une marinière et un sweat à capuche. Je pensais initialement faire un sweat Sea Shepperd, mais le logo ne me plaisait pas donc je suis partie sur quelque chose de plus simple : le A d’anarchie brodé dans le dos avec une surépaisseur de jersey et des découpes en m’inspirant des techniques de la marque Alabama Chanin (j’ai découvert ça aux Rencontres Thread & Needles grâce à Liseli et ça m’a beaucoup plu). Contre toute attente, j’ai passé énormément de temps sur le sweat entre la doublure main de la capuche, la couture main des bords côtes, les broderies pour figurer la fermeture éclair et les badges militants d’Iris (le drapeau trans et le drapeau LGBTQ+)… C’était long, mais ça m’a beaucoup plu de réfléchir à tous ces petits détails. C’est vraiment ce que je préfère dans ce projet des poupées en chutes, parce que même si je me lance avec une idée en tête, il y a plein de décisions qui se prennent au fil de l’eau, d’idées qui viennent en cousant ou en brodant en silence, c’est super créatif et très plaisant.
Pour les chaussures, j’ai un peu triché parce que ce n’est pas exactement une chute, mais un coupon de simili cuir jaune, que j’avais acheté il y a deux ans dans l’idée de recouvrir des chaises. Depuis j’ai changé d’avis, donc je ne l’ai jamais utilisé, mais quand j’ai pensé à ce coupon et que je me suis dit que je pouvais faire des Dr. Martens jaune à Iris, j’étais obligée d’essayer. Pour la semelle j’ai utilisé un bout de lainage de mon manteau Pam et honnêtement et sans aucune modestie, je suis trop fière du rendu de ces chaussures.
Enfin, l’anneau que j’ai cousu à son oreille était dans un stock de boutons achetés dans un vide maison il y a quelques années. Je ne sais pas du tout à quoi ça sert à l’origine, mais je trouve que ça fait une super boucle d’oreille. Cela va sans dire que je vais maintenant être à l’affût dans tous les vide greniers pour trouver des petites merdouilles et breloques qui pourraient servir à embellir mes poupées…
À chaque poupée, le rendu n’est pas du tout celui que j’avais imaginé au départ (en même temps je suis aphantasique donc je n’ai pas d’idée visuelle de ce que je vais faire quand je me lance dans quelque chose), mais je suis trop contente du résultat. Le personnage prend vie progressivement entre mes mains et je trouve ça très stimulant. Vous remarquez que je m’efforce de faire les poupées à la même échelle, mais en leur donnant malgré tout des proportions différentes pour figurer différents types de corps. J’ai ainsi fait Iris un peu plus grande et costaude qu’Adèle et avec une tête un peu moins large.
Quand je fais ces poupées-personnage, j’ai l’impression d’être exactement à ma place créativement parlant et c’est super agréable. Parmi mes différentes activités artistiques, c’est celle où je me sens la plus alignée et où je me dis que c’est vraiment à elles que je devrais consacrer le principal de mon temps (alors que ce n’est pas ce que je fais puisque j’ai mis à chaque fois 3 mois pour les terminer). Il est sûr que je ne pourrais pas faire que ça de mes journée parce que j’ai aussi besoin d’autres stimulations créatives, mais je devrais clairement réorganiser mes priorités.
Bref, vous l’aurez compris, je suis extrêmement fière de cette deuxième poupée. La prochaine est déjà dans mes pensées et j’ai hâte de la commencer. J’essayerai de tourner un vlog pour YouTube pendant sa réalisation pour vous partager plus en détails le processus. Je peux d’ores et déjà vous donner son nom : ce sera Soizic la prof d’arts plastiques (merci à Camillette pour l’idée du prénom).

En attendant sa création, je vous souhaite un bon week-end et je vous donne rendez-vous dans quinze jours.














Bravo pour cette création !!
C’est un chouette univers.
Vous avez raison , vous avez beaucoup de choses à nous partager par ce medium
Merci beaucoup Mathilde !
Super sympa ces poupées, on les sent presque vivantes 😉 du moins on a envie de leur parler !!
Bravo Lucie pour ta créativité et prompt rétablissement !!
Merci Patricia !