Couture d’hiver : un manteau, deux pantalons, des t-shirts et de la lingerie

Couture d'hiver - Lucie Choupaut

Nous sommes à mi-chemin de l’hiver et il est temps de vous parler de ce que j’ai cousu depuis le 21 décembre (par « il est temps » je veux dire : « j’ai envie de le faire maintenant »). Il y a déjà eu 9 projets tombés de ma machine et même si je risque de coudre un peu moins dans les semaines qui viennent, je suppose que d’autres projets viendront s’ajouter d’ici au 21 mars (notamment au moins un pantalon), mais je vous en parlerai lors de la prochaine fournée. Alors, qu’est-ce que je me suis cousu comme vêtements pour l’hiver ?

Un manteau Pam de Maison Fauve

Je triche un peu pour ce projet, car je l’ai terminé début de décembre, mais je n’avais pas encore eu le temps de vous en parler. Il y a un an maintenant, ma belle-sœur m’a donné une importante quantité de lainage noir (6 mètres) qui encombrait mon stock. J’avais entre autres le projet de coudre dedans un manteau Pam de Maison Fauve, que j’avais téléchargé à l’occasion d’une promotion « pdf offert ». D’un strict point de vue style, j’aurais voulu coudre ce manteau dans un lainage clair à gros carreaux, mais puisque j’avais du lainage noir gratuit dans mon stock, je me suis montrée raisonnable.

manteau Pam en lainage noir devant

Croyez-le ou non, ça fait des années que je n’ai pas porté de manteau noir, des années aussi que je n’ai pas porté de manteau long. J’aime énormément le manteau Ray vert que je me suis cousu en 2022, mais le tissu a très mal vieilli. Il bouloche énormément en dépit des rasages, ce qui est un peu décourageant. Je n’avais pas spécialement besoin d’un autre manteau, mais patron et tissus étaient déjà en stock, le coudre me permettait de désencombrer un peu et j’aime bien ce genre de projet technique parce que c’est toujours plus intéressant à coudre qu’un t-shirt.

dos du manteau Pam en lainage noir

Le modèle est relativement simple, mais il y a quand même une couture en incrustation pour le col châle, ce qui demande de l’application. De mon côté, je suis plutôt contente de la pose de mon col, un peu moins de celle des poches plaquées, dont on voit un peu la doublure sur les côtés, mais ça ne m’empêche pas de dormir la nuit. Moi je couds des vêtements pour les porter, pas pour qu’ils soient parfaits.

J’ai été obligée de broder à la main les boutonnières parce que les épaisseurs ne passaient pas sous ma machine, et comme j’ai fait ça à la lumière électrique, j’ai pris du coton à broder bleu marine au lieu du coton noir. Tant pis… J’avais aussi cousu de jolis boutons vintage, mais je les ai perdus au bout de deux jours (l’un deux définitivement), il faut donc que je les remplace, tâche que je procrastine depuis le mois de décembre.

doublure du manteau Pam

Ma seule critique concernant ce manteau Pam est la technique de pose de la doublure, qui est certes simple, mais qui ne garantit pas de parfaites finitions. J’ai utilisé les restes de la viscose de ma robe Sofia pour la doublure (et du coton vichy de mon stock pour la doublure des manches), mais le crêpe de viscose étant assez lourd et mou, les parmentures du manteau, qui ne sont pas glacées avec la technique proposée par la marque, s’affaissaient. C’était vraiment très moche, donc je les ai cousues à la main à plusieurs endroits (au col, en bas du manteau et sur les devants).

Concernant l’aspect général du manteau, je suis assez contente et je le porte tout le temps, mais je crois que j’aurais aimé quelque chose de plus oversize encore (je me suis fiée au tableau détail et j’ai coupé un 38) et, il n’y a pas à dire, je trouve ça un peu triste un manteau noir. Néanmoins, contrairement au lainage de mon manteau vert, celui-ci est d’excellente qualité. Il est très beau et ne bouge pas. Par ailleurs, il tient bien chaud, mais sans excès. Bref, je l’aime beaucoup !

devant du manteau Pam en lainage noir

Culottes et brassières du livre Mon atelier lingerie

Au mois de décembre, je me suis aussi lancée dans la couture d’ensembles de lingerie à partir du livre de Milena Sevette (Eclipse lingerie studio), Mon atelier lingerie, dont j’ai déjà parlé dans cet article. J’avais déjà cousu plusieurs fois la brassière de sport et j’ai fait cette fois la brassière triangle en trois exemplaires : deux dans des chutes de jersey, une dans une micro-fibre que j’avais acheté il y a super longtemps sur le site de Pretty Mercerie. La brassière triangle est vraiment facile à coudre, elle nécessite juste un peu de quincaillerie pour les attaches de bretelles de soutien-gorge. J’ai coupé une taille 40 pour le dos et un 42 pour le devant, et j’ai fait la version avec pinces poitrines. Je la trouve très confortable, mais à la longue, je constate que l’élastique large, même s’il n’est pas très serré, m’appuie trop sur l’estomac et me donne une sensation d’étouffement (ce qui était déjà le cas avec certains soutien-gorges du commerce). Je pense que je vais m’orienter maintenant vers des modèles de brassière sans élastique sous poitrine comme c’est le cas de la brassière Onde de la même marque que je compte coudre d’ici la fin de l’hiver.

brassières triangle en jersey

Côté bas, j’ai recousu la culotte taille haute (en taille 38) ainsi que la culotte classique, que j’aime moins parce que le gousset n’est pas monté en fourreau, ce que je trouve dommage. Je suis néanmoins très contente d’avoir ajouté trois nouvelles brassières et trois nouvelles culottes à mon placard de sous-vêtements, c’était nécessaire.

culottes en jersey

Un deuxième body Sora et un t-shirt Jeanne

Début janvier, j’ai profité d’une commande chez Rascol pour acheter du velours côtelé (dont je vous parle juste en dessous) et du jersey marinière pour retenter un body Sora de Lise Tailor, dans un tissu un peu moins mou. J’en avais commandé 1,60 mètre, mais j’en ai reçu 2,20 mètres, ce qui m’a permis de couper deux projets dedans. Le fameux body Sora et un t-shirt Jeanne de Ready to Sew, que j’ai déjà cousu plusieurs fois.

body Sora en jersey marinière sable devant

Je ne vais pas m’étendre sur le body Sora, dont je vous avais parlé dans cet article. J’ai recoupé une taille 40, exactement la même version que la précédente pour voir si le problème de seyant que j’avais rencontré venait du patron ou de mon tissu. Cette deuxième version est beaucoup plus concluante, donc je suis assez contente. Elle a déjà été beaucoup portée. Je continue de préférer le montage d’entrejambe du body Ivonic, du livre Le body de Marie, mais ayant la flemme de faire les modifications sur le patron, je m’en contente pour l’instant. Je pense qu’il y aura de nouvelles salves du body Sora l’hiver prochain parce que c’est très pratique à porter sous les salopettes ou les pantalons taille basse.

body Sora en jersey marinière sable dos

Le t-shirt Jeanne de Ready to Sew est également une valeur sûre. J’ai cette fois fait attention de commencer la pose du biais d’encolure sur une couture épaule pour que les crans correspondent bien et que l’encolure ne soit pas déformée. Je ne l’ai pas encore porté parce qu’il fait encore trop froid pour des manches courtes, mais je ne doute pas qu’il me sera bien utile au printemps.

Un pantalon Burda en velours côtelé

J’en ai déjà parlé plusieurs fois un peu partout : je n’ai pas assez de pantalons, et notamment pas assez de pantalons pour l’hiver. J’ai donc enfin décidé de m’y attaquer en 2026.

J’ai décidé de commencer par un pantalon Burda du numéro de septembre 2011, que j’avais déjà cousu une première fois à sa sortie, mais dont je n’ai plus la première version.

pantalon Burda 2011
Ma première version en 2011, qui devait être une taille 38

Cette fois, j’ai coupé une taille 42 à la taille et un 38 aux hanches pour laisser à mon ventre la place de gonfler et dégonfler au cours de la journée, mais j’aurais pu me contenter d’un 40 à la taille, en l’état il est beaucoup trop grand. Je l’ai malgré tout énormément porté depuis que je l’ai terminé parce qu’il est extrêmement confortable, mais il faudrait quand même que je le reprenne un peu. Le modèle est facile à retoucher dans le dos en plus, donc c’est juste une question de motivation.

pantalon Burda en velours mauve vue de côté

Côté patron, il est assez simple, et il bénéficie en plus d’un cours de couture pas à pas dans le magazine, ce qui le rend très accessible, mais je n’aime pas coudre des modèles Burda. Je n’y prends pas de plaisir et je préfère nettement être prise par la main par les créatrices de patrons indépendants.

pantalon Burda en velours côtelé mauve devant

Résultat de ce projet : je le ne trouve honnêtement pas du tout seyant, en revanche, j’adore cette couleur et je le porte tout le temps donc c’est plutôt un succès.

pantalon Burda en velours côtelé mauve dos

Un jean I am Sunshine de I am Patterns

Ça fait un petit moment que le jean I am Sunshine me fait de l’œil, mais j’ai le ventre qui gonfle au cours de la journée, ce qui rend les tailles hautes assez inconfortables, je résistais donc à l’envie de l’acheter. Néanmoins, puisque cet hiver j’ai décidé de m’attaquer à la question des pantalons et notamment au fait de faire des ajustements pour qu’ils soient confortables, je me suis décidée à me l’offrir.

Le potentiel de ratage d’un pantalon taille haute étant pour moi élevé, j’ai préféré commencer par une toile portable à partir d’un tissu qu’on m’a donné : une gabardine grise dont je n’aime pas trop la couleur. J’ai trouvé le patron très bien expliqué. Je n’en suis pas à mon premier jean, mais tout m’a paru plutôt clair, le livret est détaillé avec plein de schémas et les schémas sont ce que je préfère.

jean I am Sunshine en gabardine devant

En me basant sur le tableau des tailles, j’ai coupé un 42 à la taille et un 40 aux hanches. Le tableau des mesures indiquait que mon tour de taille correspondait à un 44, mais en regardant les mesures du vêtement fini, j’ai eu peur que ce soit trop grand. J’ai l’impression que j’ai bien choisi, mais comme le tissu est un peu trop léger pour la saison et que j’ai froid, j’ai du mal à le porter longtemps pour expérimenter la taille.

jean I am Sunshine en gabardine dos

Je trouve que ça plisse un peu dans le creux du dos, donc je me demande si je ne devrais pas plutôt couper un 40 au dos et élargir uniquement la pièce devant sur la zone du ventre. Je pense qu’il faut que je fasse d’autres tests, mais cette version a l’air plutôt confortable et ça me donne un peu d’espoir pour mon histoire avec les tailles hautes.

jean I am Sunshine en gabardine côté

Pour cette première version, j’ai choisi la version B « slouchy », mais je suis un peu déçue par cette forme tonneau que j’espérais plus marquée. Je ne suis pas sûre que je recoudrai cette version, en revanche je ferai certainement la version jean droit dans un denim dès que j’aurais une meilleure idée du confort.

jean I am Sunshine en gabardine devant

Le seul échec de ce projet c’est que j’espérais que ça me fasse un nouveau pantalon pour l’hiver et il n’en est clairement pas question, à moins de porter des collants en laine dessous, mais je suis très contente d’avancer enfin dans ma quête de pantalons confortables.

jean I am Sunshine en gabardine dos

Et voilà pour cette longue revue des projets couture de l’hiver jusqu’à maintenant. J’espère que cela vous donnera des idées. Je m’arrête ici et je vous donne rendez-vous dans quinze jours pour vous parler de mon nouveau rapport créatif aux chutes de tissus. Bonne semaine !

Lucie Choupaut

Illustratrice passionnée de travaux d'aiguilles et d'histoire du costume, je vous propose une promenade dans mon univers créatif.

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