Vêtement ou costume : ou comment redéfinir ma façon de m’habiller ?

Le costume contre l'anxiété sociale - Carnet de recherches de Lucie Choupaut

Bonjour à toutes et tous ! Cela fait un moment que cette idée d’article me trotte dans la tête, mais je repousse sans cesse son écriture. La flemme, que voulez-vous ? Pourtant j’ai envie de discuter avec vous de vêtement et de costume et de comment j’ai envie de changer mon approche de ma garde-robe.

Je vais donc vous partager mes pensées un peu confuses et n’hésitez pas à réagir en commentaires !

Vêtement vs costume

Cela fait déjà quelques années que l’appellation « costume historique » me chiffonne parce que dans le langage courant le mot « costume » revêt une dimension d’exceptionnalité. Ce qu’on appelle costume aujourd’hui, c’est un vêtement occasionnel que l’on porte pour un événement spécifique où l’habillement habituel n’est pas de mise. Les hommes portent un costume pour aller travailler, mais pas pour traîner dans leur canapé par exemple. On porte un costume pour monter sur scène, pour participer à une fête, pour se faire photographier ou que sais-je, mais en tout cas le terme « costume » ne représente pas le quotidien dans notre imaginaire.

C’est pourquoi je préfère en général parler d’histoire du vêtement que d’histoire du costume, puisque ce qui m’intéresse là-dedans, c’est bel et bien l’habillement, le vêtement du quotidien, qui est un outil pour nous permettre d’avoir une meilleure idée des modes de vie du passé, de l’évolution des goûts, des mœurs, etc.

Pourtant je crois qu’à rejeter un peu trop vite la notion de costume au profit du vêtement, j’ai aussi oblitéré une dimension de l’habillement qui existe tout autant dans notre société actuelle qu’elle devait exister par le passé. Je m’explique…

Tenue simple et pratique avec le pull Parisienne de Alice Hammer et le Ginger Jeans de Closet Core Patterns
La tenue passe-partout au quotidien, simple et pratique avec le pull Parisienne de Alice Hammer et le Ginger jeans de Closet Core Patterns

Le costume au quotidien

Dans la mesure où le vêtement n’est pas seulement un morceau de tissu visant à protéger notre peau des éléments extérieurs, mais qu’il est aussi une seconde peau que l’on enfile pour montrer ce que nous sommes au monde – en somme un costume -, il me semble intéressant de réfléchir à ce rapport particulier.

Si vous suivez ce blog, c’est sans doute que, comme moi, vous aimez les vêtements. J’irai même jusqu’à dire que les vêtements me passionnent. Je consacre plusieurs heures par semaine aux vêtements, non seulement en les réalisant, mais aussi en y réfléchissant, en imaginant des modèles qui, bien souvent, demeureront à jamais dans mon esprit. Je parle bien ici de vêtements et non de mode (quoique j’aime aussi la mode par ailleurs), parce que pour moi ce n’est pas la même chose.

Or, ce qui me passionne dans le vêtement aujourd’hui, c’est bel et bien sa dimension de costume, c’est-à-dire ce que tel type de tenue nous renvoie comme image sociale et comment nous pouvons jouer avec. Comment nous pouvons décider d’être tel jour androgyne et tel autre très féminin·e ou très masculin·e. Comment nous pouvons jouer avec les codes culturels pour les casser (mettre une robe à paillettes pour sortir ses poubelles) ou au contraire les suivre à fond (mettre une robe à paillettes pour aller à l’opéra).

Le costume a une véritable dimension ludique à laquelle je ne m’adonne pas assez et je trouve ça un peu dommage. C’est peut-être votre cas aussi et c’est pourquoi j’avais envie d’écrire cet article : pour poser ici les bases d’une réinvention de ma garde-robe (et peut-être vous donner envie de faire de même avec la vôtre).

Pour une valorisation du costume dans ma garde-robe quotidienne

En préambule, si actuellement je ne m’amuse pas assez avec la dimension du costume dans l’habillement, c’est parce que je suis plutôt timide et particulièrement anxieuse dans les situations sociales. Cela se traduit par l’impression, dès que je suis hors de chez moi, que les gens (connus et inconnus) m’observent et jugent mon comportement et/ou ma façon de m’habiller. C’est évidemment faux et mon esprit rationnel en a bien conscience, mais il n’a malheureusement pas beaucoup de contrôle sur cette anxiété.

Or, celle-ci a des conséquences directes sur ma garde-robe : la principale étant que mon besoin de passer inaperçue entre en conflit avec mon envie de me singulariser. Ces dernières années, j’ai ainsi appris à faire des ajustements entre ces deux volontés, ce qui a eu pour résultat de me faire adopter mon style d’aujourd’hui, c’est-à-dire des vêtements pratiques, confortables, fluides, un peu oversize et dont la pièce maîtresse est la salopette. Cette dernière est vraiment le vêtement dans lequel je me sens à la fois invisible et malgré tout un peu stylée et c’est pourquoi j’aime autant en porter.

Salopette en velours rose, modèle Danielle de République du Chiffon
Cette tenue passerait presque pour un costume de Barbie, non ?

La salopette, c’est un peu mon costume « cape d’invisibilité », et même si je suis allée un peu plus loin en me faisant une salopette rose, cela reste très restreint en termes de possibilités. J’adore les vêtements que je me suis cousus dernièrement, mais aujourd’hui j’ai envie d’aller un peu plus loin : j’ai envie de lutter contre mon anxiété sociale par l’intégration progressive de nouveaux styles dans ma garde-robe, et notamment des vêtements largement inspirés par le rétro.

J’aimerais donc mettre en place une journée du costume hebdomadaire, une journée où je m’offre la possibilité de revêtir une seconde peau qui tranche avec celle que je parais être habituellement. Par exemple, choisir un style rétro, qui me donnera vraiment l’impression d’être en costume, et apprendre à m’accorder le droit d’être déguisée. En commençant avec une journée années 1920, une journée années 1930, années 1940, années 1950, je pourrai essayer de me familiariser avec ce nouveau style sur moi (qui me paraît aujourd’hui complètement incongru) et apprendre à l’apprivoiser.

Mon objectif est qu’en me voyant régulièrement m’habiller différemment, j’apprendrai ainsi à mon cerveau à considérer que c’est tout-à-fait normal et que oui, je peux sortir comme ça. Ça n’a peut-être l’air de rien pour vous, mais je vous assure que pour moi c’est assez énorme.

Évidemment, je ne me fixe pas des objectifs trop hauts trop vite et je commencerai par des journées où je ne sors pas de chez moi, mais j’espère peu à peu pouvoir sortir voire interagir avec des gens sans trop de gêne.

Pourquoi ai-je envie de faire ça ? C’est parce qu’actuellement je me sens très limitée par ce que j’ai le courage ou non de faire. Sortir à l’extérieur en costume pour un shooting m’est assez inaccessible aujourd’hui, pourtant je voudrais pouvoir le faire sans angoisse. J’ai d’ailleurs des projets de costumes à immortaliser en extérieur (un costume 1880 de Berthe Morisot sur le motif et un costume 1880 de sports d’hiver par exemple) et ce serait dommage de ne pas oser aller au bout du shooting que j’ai en tête.

Mon espoir est qu’en commençant par le rétro, j’arrive à être de plus en plus audacieuse dans mon habillement et qu’aucune pensée limitante ne vienne plus me dire « c’est trop féminin, ce n’est pas ton style » ou « tu ne peux pas sortir comme ça, c’est trop bizarre ».

Au risque de me répéter, j’aime les vêtements. Tous les vêtements. N’est-ce pas triste une vie où l’on ne porte pas quelque chose qu’on aime parce qu’on ne se sent pas à l’aise dedans ? Ne peut-on pas plutôt travailler sur ce qui fait qu’on ne se sent pas à l’aise dedans ? C’est en tout cas ce que j’ai envie de tenter.

Et vous, quel est votre rapport à tout ça ? Vous sentez-vous, vous aussi, limité·e dans votre habillement ou est-ce que vous arrivez à vous libérer complètement du regard des autres ? Vous vous lancez dans une journée rétro avec moi ?

Bien évidemment, n’ayant encore rien à mettre de ce style, cela ne va pas aller sans un peu de couture et je vais commencer par une petite robe d’été années 1920 (oui le rétro est compté très large ^^). J’espère pouvoir vous montrer ça bientôt !

D’ici là, je vous souhaite une bonne semaine !

Photo de couverture : Benigno Hoyuela via Unsplash

2 commentaire

  1. Je comprends très bien ce que tu veux dire. Seulement la réalité est là : on EST jugé tout le temps sur les apparences. Et tant pis pour ceux qui jugent , font parfois des réflexions…Etre dans la mode du trimestre, couleur de muraille, n’est pas une solution : tu sera jugée comme un mouton, par d’autres moutons, celles qui sont ++ dans la tendance remarqueront tes chaussures pas raccord, ou ton sac qui n’est point de grande marque. Une apparence différente, un costume te fera juger aussi, mais comme une personne audacieuse, créative, et peut-être déstabilisante pour le conformisme. Vêt-toi de ce qui te donne de la force, te plait. Ce qui ne sera pas un « costume » mais TON vêtement. Je ne suis pas timide, mais je n’ai pas le contact facile. Ma superbe cape citrouille provoque une réaction : les gens viennent vers moi. Avec un gros sourire. Une seule fois elle m’a valu une réaction négative, les ricanements d’une paire d’ados à baskets et boutons…Largement compensé par la punkette sur le quai d’une gare qui est venue discuter, et me dire que je lui faisait penser à Vivienne Westwood (pas moins, yes). Bon je n’ai pas l’âge de Lady Westwood mais j’ai compris l’intention gentille. Alors fais toi plaisir, ça n’empêchera pas la galaxie de tourner, et pourquoi ne pas commencer avec la salopette de Rosie the riveter ? J’admire la qualité de ton travail, sa minutie. Le porter, dans des belles coupes, des étoffes de qualité, c’est dire avec ton apparence que tu es une personne de qualité, courageuse et minutieuse.

    1. Merci Noëlle pour ces gentils mots 🙂

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Suivez-moi aussi sur Instagram